La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a récemment publié le rapport intitulé « Le mouvement  antisecte  et la régulation religieuse  en Russie et dans l’ex-Union Soviétique ».

L’importance du document n’est peut-être pas tout à fait claire pour les non-experts. Par contre, les défenseurs de la liberté de croyance et, à en juger par leur silence assourdissant, les groupes dits « antisectes » l’ont très bien compris.

Le sociologue et expert international Massimo Introvigne l’explique dans l’article qu’il consacre à cette histoire intitulée
« L’USCIRF expose des  experts européens qui soutiennent les campagnes du Parti Communiste Chinois (PCC) contre les sectes  ».

Dans son article M. Introvigne souligne que « bien que cette partie de ses campagnes de désinformation ne soit pas mentionnée par l’USCIRF, Dvorkin a  régulièrement soutenu le PCC dans sa répression des mouvements qualifiés de xie jiao. Dvorkin est allé à plusieurs reprises en Chine et à Hong Kong pour offrir son  soutien à la persécution du Falun Gong, pour nier que le PCC prélève des organes sur des prisonniers d’opinion et pour applaudir la répression de l’Église de Dieu  Tout-Puissant. À son tour, le PCC a soutenu les campagnes de Dvorkin contre les Témoins de Jéhovah en Russie et a importé ses méthodes de propagande en Chine. »

Les notes de Monsieur Introvigne sont très importantes car elles mettent en évidence la véritable ampleur du problème signalé par l’USCIRF :

les activités antireligieuses d’Alexandre Dvorkin et de son association « antisecte » SILIC ne sont pas seulement un problème russe, car Monsieur Dvorkin opère également à l’international en tant que Vice -Président de la FECRIS .

Notons ici que  l’activité « antisecte » de Monsieur Dvorkin est d’origine « internationale », comme cité dans le même rapport :

« Alexandre Dvorkin, originaire de Moscou, a quitté l’Union Soviétique en 1977 à l’âge de 20 ans pour étudier aux États-Unis, où il est resté jusqu’en 1992. Pendant son séjour, il a embrassé le christianisme orthodoxe russe et a passé du temps à travailler pour le média d’information parrainé par le gouvernement américain, Voice of America.

Ses années dans le pays ont coïncidé avec un mouvement « antisecte » croissant, diffusant des concepts pseudoscientifiques comme le « lavage de cerveau », le « contrôle de  l’esprit », les théories du psychologue Robert Jay Lifton et de l’activiste anticommuniste Edward Hunter.

Ce mouvement a décrit les nouveaux mouvements religieux comme « fanatiques » ou « bizarres » et dépeint les membres comme des victimes impuissantes, sans volonté propre.

Cette rhétorique a permis à des groupes de justifier le retrait forcé d’amis et de parents de la religion de leur choix, et a même été à l’origine de la « déprogrammation » utilisant des techniques psychologiques coercitives (et hautement discutables).

Monsieur Dvorkin a ramené de nombreuses idées « antisectes » avec lui lorsqu’il est retourné en  Russie en 1992 pour travailler au nouveau département de l’éducation religieuse du ROC. » (Note de l’éditeur: ROC signifie Russian Orthodox Church)

Dans la pratique, selon le rapport l’USCIRF, Alexander Dvorkin « a appris le métier » il y a 40 ans dans certains environnements américains (aujourd’hui presque disparus) et l’a emmené avec lui en Russie.

Mais il y a aussi autre chose qui est arrivé en Europe en même temps qu’Alexander Dvorkin :

la FECRIS dont Monsieur Dvorkin est actulement le vice-président, est née de l’impulsion du groupe américain « antisecte » AFF (American Family Foundation), qui est aussi le créateur de la  technique illégale de la « déprogrammation ».

Tandis qu’Alexander Dvorkin revenait dans sa patrie pour donner le coup d’envoi de son engagement « antisecte », l’AFF a réuni les associations européennes « antisectes » pour donner naissance à la FECRIS quelques années plus tard.

En 2004, après de vives controverses et divers procès pénaux contre des « déprogrammeurs » qui ont enlevé des fidèles de minorités religieuses pour les déprogrammer, l’AFF a changé son nom en ICSA (International Cultic Studies Association).

Bien que la première réunion confidentielle au cours de laquelle l’AFF / ICSA et les groupes « antisectes » européens se soit tenue à Barcelone, la FECRIS a été officiellement établie sur le territoire français, à Marseille, en 1994. La raison de ce choix est probablement due à ce qui a été expliqué dans le rapport de  l’USCIRF: « Le gouvernement français fournit la majorité du financement de la FECRIS ».

Le rapport de l’USCIRF décrit la FECRIS comme une « organisation antisecte française à influence paneuropéenne ». En effet, comme on le lit aujourd’hui sur leur site,  elle opère « dans plus de 30 pays, dont 5 non européens ». Ainsi, une association privée financée par le gouvernement français influence les politiques religieuses de dizaines de pays à travers une « campagne de désinformation contre les minorités religieuses ».

Alexander Dvorkin n’est pas le seul représentant de la FECRIS à avoir exporté les activités « antisectes » de cette association hors des frontières européennes.

En effet, l’ancien député français Alain Vivien, alors président de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS)  ancêtre de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) , a été invité en Chine par le CCP pour les instruire sur la « méthode antisecte française ». Monsieur Vivien a rapporté de ce voyage la propagande anti Falun Gong du CCP.

Plus récemment, le psychologue italien Luigi Corvaglia, aujourd’hui l’un des membres les  plus actifs du conseil d’administration de la FECRIS, et président de l’association italienne « antisecte » appelée CeSAP (Centre d’études sur les abus psychologiques, fédéré à la  FECRIS), s’est rendu en Chine (et aussi en Sibérie) pour mener la campagne « antisecte » habituelle. Il est à noter qu’il y a quelques semaines, Monsieur Corvaglia a  publié un livre intitulé « No Guru » qui critique férocement les défenseurs de la liberté de croyance en les qualifiant de « sectateurs apologistes » et de « défenseurs des  sectes ».

L’activisme international contre les minorités religieuses des associations membres de la FECRIS, en plus de l’Europe, de la Chine et de la Russie, touche également l’Argentine, Israël, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Arménie, le Kazakhstan, Chypre et plusieurs autres pays.

L’USCIRF, avec son rapport, a commencé à faire la lumière sur la vraie nature du mouvement « antisecte », tandis que certains pays européens , dont principalement la France, financent et soutiennent leurs activités.

Nous notons avec satisfaction que l’USCIRF recommande au gouvernement Américain de contrecarrer les déclarations de la FECRIS à l’encontre des nouveaux mouvements religieux lors de la conférence annuelle de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) avec des informations sur l’implication continue des individus et entités au sein du mouvement « antisecte » dans la suppression de la liberté religieuse et aussi de censurer publiquement Alexander Dvorkin et le centre d’information-consultation de Saint Irénée de Léon (SILIC)) pour leur campagne de désinformation contre les minorités religieuses.

Lire le rapport complet de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF)

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