Document de recherche de Human Rights Without Frontiers sur un mouvement religieux fondé en Corée du Sud et désormais présent en France, régulièrement présenté de manière négative ou qualifié de secte par certains médias français.
Voir article II ici voir article I ici
Willy Fautré, directeur de Human Rights Without Frontiers
HRWF (06.07.2026) – Cette étude, la troisième d’une série, vise à mettre en lumière la manière dont un nouveau mouvement religieux chrétien d’origine étrangère ayant établi sa propre communauté dans une société occidentale, en l’occurrence la France, interagit culturellement dans ce nouveau pays et de s’y intégrer.
Ce document de recherche contribue à éclairer les perceptions réciproques et à instaurer de bonnes relations avec la société civile, les autorités et les médias en France.
Shincheonji, dont le nom complet et officiel en France pour rappel est « Shincheonji Église de Jésus, France » est un nouveau mouvement religieux chrétien fondé en Corée du Sud en 1984 par son président, Lee Man-Hee (né en 1931), qui dirige toujours l’organisation en date de juin 2026.
Début 2026, on estimait le nombre de ses membres à plus de 500 000 dans le monde, auxquels s’ajoutaient 200 000 étudiants suivant ses cours bibliques, selon ses propres statistiques.
L’Église Shincheonji en France, état de droit et valeurs
Le groupe ne pratique pas la vie communautaire. Chaque membre vit dans son propre logement et mène une vie indépendante au sein de sa communauté.
Rejoindre et quitter l’Église Rejoindre l’Église demeure un choix strictement volontaire et chacun est libre de la quitter à tout moment. Sur le plan administratif, l’Église tient à jour un registre de membres: les personnes qui cessent de participer aux activités pendant une période prolongée sont considérées comme ayant quitté l’Église et leur nom peut être retiré des registres. L’Église honore également les demandes de radiation. Les membres sont tenus de vivre selon les principes éthiques et spirituels internes enseignés lors des études bibliques.
Enfants L’Église applique une politique selon laquelle seuls les adultes ayant l’âge légal peuvent suivre le cours biblique et être admis comme membres à part entière. L’éducation religieuse est toutefois assurée par les parents dans un cadre familial, à la maison, selon leur propre décision.
Finances Les membres de l’Église sont encouragés à verser la dîme (10 %) et à faire des offrandes. Toutefois, le montant exact reste à la discrétion de chacun, volontaire et géré discrètement ; l’administration n’est pas chargée de faire respecter ces pratiques. Aucune collecte financière n’est effectuée pendant les offices mais un don dédicacé peut être déposé dans une enveloppe dans une boîte du lieu de culte. La plupart des dons sont effectués mensuellement par virement bancaire, ce qui garantit la transparence financière et l’efficacité administrative. L’organisation ne comptant aucun membre du clergé rémunéré, tout le travail nécessaire à son fonctionnement repose sur le bénévolat. Les dons servent donc principalement à couvrir le loyer et les charges des locaux, les frais d’activités (repas de groupe, déplacements, etc.), l’administration et le fonctionnement quotidien de l’Église. L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Mormons) en France et dans tous les pays où elle est présente pratique également la dîme (10%).
Médecine L’Église ne rejette pas les soins médicaux. La prière n’est pas présentée comme un substitut aux soins de santé professionnels. Au contraire, elle encourage explicitement ses membres à consulter en temps opportun des établissements médicaux et des professionnels de santé dûment qualifiés et reconnus pour tout problème de santé physique ou psychologique.
Bénévolat et altruisme Pour les membres de l’Église, le bénévolat et le service communautaire constituent un aspect récurrent de la vie paroissiale. Selon les enseignements de l’’Église, des valeurs telles que l’amour, la lumière (la connaissance, la compréhension et les bonnes actions) et la vie doivent s’exprimer par des actions concrètes au service d’autrui. Dans ce contexte, les membres participent régulièrement à des initiatives de bénévolat visant à soutenir les communautés locales et à encourager un engagement civique plus large. La participation à ces activités est organisée par le biais d’annonces orales diffusées parmi les membres. Ces messages comprennent généralement des informations pratiques telles que la date, l’heure, le lieu, le nombre de bénévoles recherchés et les coordonnées pour s’inscrire. Les activités de bénévolat ont généralement lieu une ou deux fois par mois et rassemblent souvent des groupes d’une dizaine à une vingtaine de participants. La participation est libre et chacun décide librement de participer ou non à une activité. Aucun registre officiel n’est tenu des membres participant à des événements spécifiques. La plupart des actions de bénévolat sont réalisées en collaboration avec des organisations existantes ou des initiatives ponctuelles, plutôt que dans le cadre de projets organisés uniquement par l’Église. Parmi ces activités, on peut citer les dons de sang organisés dans le cadre de campagnes nationales, les opérations de ramassage des déchets dans les parcs locaux, les projets de nettoyage de l’environnement en collaboration avec des associations locales, le jardinage dans les centres communautaires et l’aide aux soupes populaires qui accueillent les personnes sans-abri ou vulnérables. Des initiatives saisonnières peuvent également être mises en place, comme des concerts de chants de Noël pour les résidents des EHPAD ou la préparation de décorations de fêtes pour ces établissements.
Politique L’’Église n’est pas engagée en politique et ne recherche aucun soutien politique ni ne s’identifie à aucun parti politique.
L’Église Shincheonji et son intégration en France
L’Église Shincheonji est originaire de Corée du Sud. Grâce à ses activités commerciales avec l’Europe, ce pays a acquis une solide expérience de la diversité culturelle de notre continent et de son ouverture à la libre circulation des personnes et des idées. De plus, l’influence coréenne en Europe, notamment à travers les importations de technologies (voitures, téléphones, puces mémoire) et de culture, avec des mouvements tels que la K-pop ou la vague coréenne (Hallyu), est croissante.
Dans le cadre de l’établissement et de l’intégration d’une communauté religieuse d’origine sud-coréenne au sein de la société française ainsi que de son système juridique et administratif complexe, les promoteurs de la théologie Shincheonji se sont constamment efforcés d’intégrer des citoyens français partageant leurs croyances dans le processus de gestion de la communauté et de son développement.
En 2024, ils ont également organisé en Île de France une journée de dialogue inter-religieux et de collaboration sur des questions sociales avec la participation de nombreux pasteurs protestants, en présentiel et en ligne : environ 250 de l’étranger et 150 de France, selon l’Église Shincheonji.
Malgré ces précautions, les membres fondateurs de l’Église en France ont rencontré, et rencontrent encore, des malentendus et des obstacles concrets dans trois domaines, détaillés ci-dessous : a) la location de locaux pour leurs activités religieuses, b) accusations publiques d’anciens membres revanchards pour diverses raisons et c) les médias.
La location d’espaces pour leurs activités religieuses
Les relations avec les administrations ont à ce jour été harmonieuses et fructueuses.
Actuellement, l’administration centrale de l’Église Shincheonji comprenant son lieu de culte est actuellement établie à Goussainville, dans la région de l’aéroport Charles de Gaulle, à l’est de Paris.
Accusations publiques d’anciens membres revanchards et les médias
Dans tout mouvement politique, syndicaliste, social, religieux ou autre, il y a toujours chez certains membres des désillutions et des défections. Un certain nombre de ces personnes veulent parfois régler leurs comptes en public avec leur “amour déçu”, nuire et se venger.
Vu l’installation récente de l’Église Shincheonji en France, le nombre de membres ayant quitté la communauté dans un esprit désabusé et revanchard, quelles que soient leurs raisons et leur pertinence, est très limité mais ils existent.
En 2026, certains se sont fait entendre dans les médias par des accusations telles que de manipulation psychologique, isolement social, rupture des relations avec la famille, violences, séquestration, captation de revenus, escroquerie…
Des médias et des journalistes en quête de sensationnalisme s’en sont emparés sans avoir fait la moindre enquête. La Miviludes (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) s’en s’est également fait l’écho dans son rapport 2022-2024 sans contrôle et sans faire la moindre recherche car son mandat ne l’autorise pas à enquêter.
En date du mois de juin 2026, il n’y avait jamais eu aucune condamnation et aucune enquête judiciaire concernant l’Église Shincheonji en France.
Toutefois, les soupçons et les allégations d’activités illégales non validées par la justice mais repris dans certains médias ont entâché son image et sa réputation.
Ces accusations publiques alarmantes, mais infondées en droit, se sont également répercutées négativement sur les relations familiales de certains membres convertis de l’Église Shincheonji, engendrant parfois des perturbations sur de longues périodes.





